vendredi 1 février 2019

Là où les chiens aboient par la queue - Estelle-Sarah Bulle




Titre du livre :
Là où les chiens aboient par la queue
Auteur :
Estelle -Sarah Bulle
Editions :
Liana Levi
Genre :
contemporain
Date de sortie :
Août 2018
Pages :
282
Thèmes :
Culture, racines, enfance, exil, Antilles françaises

Résumé éditeur :
Dans la famille Ezéchiel, c'est Antoine qui mène le jeu. Avec son "nom de savane", choisi pour embrouiller les mauvais esprits, les croyances baroques et son sens aigu de l'indépendance, elle est la plus indomptable de la fratrie. Ni Lucinde ni petit frère ne sont jamais parvenus à lui tenir tête. Mais sa mémoire est comme une mine d'or. En jaillissent mille souvenirs-pépites que la nièce, une jeune femme née en banlieue parisienne et tiraillée par son identité métisse, recueille avidement. Au fil des conversations, Antoine fait revivre pour elle l'histoire familiale qui épouse celle de la Guadeloupe depuis les années 50: l'enfance au fin fond de la campagne, les splendeurs et es taudis de Pointe-à-Pitre, le commerce en mer des Caraïbes, l'irruption du roi béton, la poésie piquante du créole, et l'inéluctable exil vers la Métropole…..

Intensément romanesque, porté par une langue bluffante d'inventivité, là où les chiens aboient par la queue embrasse le destin de toute une génération d'Antillais pris entre 2 mondes.

Estelle-Sarah Bulle est née en 1974 à Créteil, d'un père guadeloupéen et d'une mère ayant grandi à la frontière franco-belge. Après des études à Paris et à Lyon, elle travaille pour des cabinets de conseil puis pour différentes institutions culturelles. Elle vit dans le Val-d'Oise. Là où les chiens aboient par la queue est son premier roman.

Mon avis :
Je pense tenir ma première pépite de l'année !
Un court roman qui raconte l'histoire d'une famille guadeloupéenne dans les années 50 à nos jours.
L'auteure est d'originaire de Créteil dans le Val de Marne, son père est guadeloupéen et sa mère franco-belge.

On suit l'histoire à tour de rôle selon le point de vue d'Antoine la grande sœur, Lucinde la benjamine et Petit frère, le dernier. Cette fratrie a grandi à Morne- Galant puis chacun à leur tour ont décidé de quitter la Guadeloupe pour s’installer en métropole.
Tout part du questionnement de la narratrice qui est la fille de Petit frère, sur son grand père qui est resté habiter en Guadeloupe et qui est solidement ancré dans son île. Elle va interroger et faire parler ses tantes et son père sur ce qu'était leur vie en Guadeloupe et pourquoi ils sont venus s'installer en métropole.

L'auteure décortique avec talent cet attachement à sa terre que ressentent les protagonistes, tout comme le déracinement des Antillais de métropole.
On lit rarement de livre sur ce sujet, c'est ce côté original qui m'a plu. 

Elle nous offre un aperçu historique et social de l'île à travers les récits de ses personnages.
J’ai trouvé ma lecture très enrichissante, j'ai appris des choses sur les émeutes de 67.
J'ai trouvé ce roman très intéressant, tout simplement sublime. Je vous le conseille fortement. Estelle-Sarah Bulle fait ressortir aussi bien les splendeurs de l'île que les sentiments profonds et l'identité complexe des Guadeloupéen(e)s et des métisses antillais. 

Ce que j’ai le plus aimé :
► le voyage culturel
► le questionnement identitaire
► le côté « docu-fiction » qui nous en apprend davantage sur l’histoire de l’ile

Est-ce que je vous le conseille ?
Je vous le conseille chaleureusement, c'est un court roman mais qui se lit comme un bon pavé. L'écriture est finement travaillée, bravo à l'auteure pour ce beau roman.

Citations :
« Dans ce désert du bout du bourg, il n'y avait que nous et les bœufs. A une demi-heure à pied, sur le chemin principal qu'on ne pouvait pas appeler route, même avec les critères de l'époque, Morne-Galant somnolait, ramassé sur lui-même. Encore aujourd'hui, les Guadeloupéens disent de Morne-Galant: « Cé la chyen kajapé pa ké. » Je te le traduis puisque ton père ne t'a jamais parlé créole : « C'est là où les chiens aboient par la queue. »

"Je n'étais pas née en Guadeloupe, je n'y venais, au mieux, qu'une fois tous les deux ans. Même si j'aimais profondément cette île, cette société créole, ma vie était ailleurs. Cela ne signifiait pas que rien ne m'avait été transmis de cette terre, au contraire. Je le sentais dans mon corps, dans mes mots, dans ma façon d'appréhender la diversité du monde."

En quelques mots :
C’est une très belle découverte, une auteure que je suivrai avec plaisir.
Un premier roman réussi, qui nous embarque en Guadeloupe cette île multicolore et dans la grisaille de la banlieue parisienne, l’occasion d’une réflexion enrichissante sur l’exil, la famille et la quête identitaire.



Ma note pour ce livre :
4,75/5



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