mercredi 19 octobre 2016

Salammbô - Gustave Flaubert

Bonjour à tous,

Je suis contente de vous retrouver pour un article Alerte Pépite Littéraire. C’est un rendez-vous que j’ai initié avec ma vidéo sur la trilogie du Siècle de Ken Follett que vous pouvez aller voir par ici Alerte Pépite Littéraire : la trilogie du siècle de Ken Follett. Ou voir aussi mon article ici : Aux portes de l'éternité

Qu’elle soit classique ou contemporaine, pour moi une pépite littéraire c’est plus qu’un coup de cœur, c’est une œuvre de la littérature qui apporte quelque chose en plus, qui se démarque par son imprégnation dans son époque et qui nous a profondément marqué. Partageons nos pépites littéraires !

Titre du livre :
Salammbô
Auteur :
Gustave Flaubert
Editions :
Pocket
Genre :
Roman / classique littérature française
Date de sortie :
Avril 1998 (pour mon édition)
Pages :
336
Thèmes :
Roman historique, Carthage, orientalisme, amour impossible, guerre punique,


Résumé (source : livredepoche.com)
Fille d’Hamilcar et servante de la déesse Tanit, Salammbô donne son nom au roman, et il s’agit bien pour Flaubert de raconter l’amour brut qui l’attache à Mâtho, le chef des mercenaires employés par Carthage dans sa guerre contre les Romains ; le destin des deux héros est pris dans le tumulte de batailles et de cruautés auquel donne lieu, près de trois cents ans avant Jésus-Christ, la révolte des mercenaires au retour du combat. En 1856, Madame Bovary avait été un considérable événement littéraire. Six ans plus tard, le deuxième roman de Flaubert, très attendu, suscita pourtant des réactions contradictoires : beaucoup le jugèrent incompréhensible, lesté d’une érudition historique excessive, et finalement ennuyeux ; d’autres au contraire s’enthousiasmèrent pour son originalité profonde et sa puissance d’évocation. Ce que Salammbô pouvait alors offrir d’étrange ne s’est pas effacé, mais l’évidence, s’est imposée d’une beauté jusqu’alors inédite en littérature – la beauté d’une fable où la violence de l’Histoire se trouve somptueusement mise en scène.

Mon avis :

De Gustave Flaubert nous connaissons bien Madame Bovary ou bien L’éducation sentimentale, mais nous connaissons un peu moins Salammbô. Et pourtant c’est bien celui dont je me souviens le plus tellement il m’avait envoûté. J’utilise souvent l’adjectif envoûtant mais croyez-moi pour ce livre il prend vraiment tout son sens.

Dans ce roman Flaubert réussi à ressusciter la cité antique de Carthage et nous emmène dans un épisode de la première guerre punique qui opposait les Carthaginois et les Romains. Ici nous sommes dans un conflit interne entre les Carthaginois et les mercenaires qui ont participé à la première guerre punique. Ces derniers sont venus réclamé leur solde au chef de Carthage, mais ils vont être lésés, en gros ils se sont fait arnaquer ce qui mène au conflit interne. 

Ensuite nous avons Salammbô. Lorsqu’elle apparaît elle attire le regard de tous les hommes présents et captive l’attention de tous les soldats. Salammbô est la fille du chef de guerre de Carthage, le chef Hamilcar. C’est une jeune vierge très pieuse, complètement dévouée au culte de la déesse Tanit, une des trois déesses protectrices de Carthage. Les descriptions qui sont faites de Salammbô et de ses toilettes, de ses parures sont magnifiques. Flaubert a le sens du détail et ce n’est pas peu dire. Il pare son héroïne de soieries, de textiles très fins, de perles et de bijoux époustouflants. Et ce qui ressort de l’aspect physique de Salammbô c’est une grâce et une beauté sublime mais lointaine et inaccessible.

Salammbô est un personnage lunaire, et d’ailleurs Flaubert la met souvent en scène de nuit alors qu’elle prie la déesse Tanit sous les étoiles. Elle dévoue sa vie au culte de Tanit, la déesse de la fécondité et de la croissance. Et d’ailleurs à bien des égards on peut souvent confondre Salammbô et Tanit.
Salammbô, même si elle n’est pas présente dans tous les chapitres est une héroïne qui m’a marqué car c’est avant tout une présence, elle brille d’une aura quasiment mystique.

Elle va vivre une histoire d’amour impossible avec Mâtho qui est un jeune Libyen, chef des mercenaires. Il a été complètement subjugué par sa beauté dès l’instant où il l’a aperçu. Il va commettre l’outrage de dérober le vol du voile de Tanit qui est un objet sacré, cela dans le but d’attirer l’attention de Salammbô.

Dans ce roman Flaubert nous fait la démonstration de tout son talent narratif. Tel un peintre, il fait renaitre la cité antique de Carthage et nous donne à voir les édifices, le port et les jardins. Avec des descriptions très détaillées, il nous donne à voir des tableaux magnifiques. Il réussit à nous imprégner de splendides images qui aujourd’hui encore sont gravées dans mon esprit. Il a fait renaitre Carthage et toute l’atmosphère qui s’y rattache.

Grâce à des recherches historiques très poussées, en effet il a passé environ six ans de sa vie à se renseigner et à lire des ouvrages sur Carthage et sur les guerres puniques. Il a également effectué de nombreux voyages en Tunisie.
On ne peut vraiment pas nier que c’est un roman historique extrêmement bien documenté. Et peut-être un peu trop selon ses détracteurs.

Mais pour moi c’est plus que ça. C’est presque un roman de l’imaginaire car en effet j’ai rarement lu un texte avec une telle puissance évocatrice. Cela fait treize ans que je l’ai lu et j’ai encore des images bien nettes dans mon esprit. J’ai été époustouflé par la puissance évocatrice phénoménale que l’on trouve dans ce livre, avec des descriptions très riches, parfois longues. Il faut s’en imprégner pour bien visualiser les choses.
Ce n’est pas une lecture facile et le lecteur moderne aura sans doute du mal avec ce style littéraire, mais pour moi c’est une pépite.

Avec une trame narrative digne d’une tragédie, 15 chapitres, des épisodes guerriers sanglants et très violents, l’incarnation du pouvoir et des opprimés, l’opposition entre le sacré et le profane avec le vol du voile de Tanit, mais aussi évidemment avec l’amour impossible entre Salammbô et Mâtho. On sent que ces deux personnages filent inexorablement vers le destin avec une fin déchirante !

Tel un peintre, un tragédien, un historien, Gustave Flaubert avec Salammbô nous offre un roman magnifique. Ce roman a fait polémique lors de sa sortie en 1862 car bien loin du courant du réalisme de l’époque, le lecteur ne pouvait pas s’identifier et se retrouver dans cet univers antique. Très critiqué, l’auteur a dû se justifier à de nombreuses reprises auprès de ses contemporains car Salammbô représentait une « rêverie orientale » qui étonnait à l’époque.

Pour moi c’est un grand roman de la littérature française. Gustave Flaubert est l’auteur qui a ressuscité Carthage et créée Salammbô une héroïne littéraire mystérieuse, mystique et à l’aura presque divine. Ça restera un de mes classiques préférés.

Je sais que les principales critiques de ce livre sont que le style est trop pompeux, les descriptions interminables et les personnages trop distants, trop lointains pour s’identifier. Et je peux comprendre tout ça, mais personnellement j’ai trouvé que c’est un roman à l’esthétisme fabuleux. Salammbô est profondément ancré dans mon imaginaire et j’y suis très attachée.

J’ai d’ailleurs eu la chance d’aller en Tunisie et de visiter les ruines de Carthage quelques années après l’avoir lu. Et je peux vous dire que j’avais encore les mots de l’auteur en tête et j’ai passé un moment vraiment envoûtant.

Je termine en vous disant que Salammbô est un roman magique qui vous emmènera bien loin.

Citations :
« Personne encore ne la connaissait. On savait seulement qu'elle vivait retirée dans des pratiques pieuses. Des soldats l'avaient aperçue la nuit, sur le haut de son palais, à genoux devant les étoiles, entre les tourbillons des cassolettes allumées. C'était la lune qui l'avait rendue si pâle, et quelque chose des Dieux l'enveloppait comme une vapeur subtile. Ses prunelles semblaient regarder tout au loin au−delà des espaces terrestres. Elle marchait en inclinant la tête, et tenait à sa main droite une petite lyre d'ébène. » p.43

En quelques mots :

« un roman magique qui vous emmènera bien loin » 


Ma note pour ce livre :
5/5









Mon avis en vidéo :)




samedi 8 octobre 2016

BOOK HAUL Livres d'occasions - Emmaus - Octobre 2016 - J'ai craqué !!

Bonjour à tous amis lecteurs !

Suite à la vente Emmaüs organisée dans ma ville, j'ai l'immense plaisir de vous présenter 29 nouveaux arrivants.
On a du Christian Jacq, du Douglas Kennedy, du Pierre Lemaitre, du Marion Zimmer Bradley et en dernier je vous présente un petit bijou de Fantasy Young Adult que je suis très étonnée d'avoir trouvé mais tellement heureuse !!

Je suis ravie d'accueillir tous ces livres qui vont rejoindre mes bibliothèques. Il fallait bien leur trouver un foyer ! Je me suis dévouée.
Je vais devoir réorganiser mes étagères mais j'adore ça ! :D
Je vous laisse aller voir ça en vidéo, et pensez à vous abonner pour ne pas manquer les prochaines :)
Merci
Des bisous xxx
Marie


Capitaine frites - Arnaud Le Guilcher

Je remercie la maison d’édition pour l’envoi de ce livre remporté grâce à la masse Critique de Babelio. C’est un auteur qui m’intriguait et pas seulement car il est né à Guingamp. J’aime parfois sortir de ma zone de confort et ce fut une très bonne découverte.


Titre du livre :
Capitaine frites
Auteur :
Arnaud Le Guilcher
Editions :
Robert Laffont
Genre :
Roman contemporain
Date de sortie :
Août 2016
Pages :
326
Thèmes :
Divorce, humour


Résumé éditeur :

Pour se sortir du cauchemar d’un divorce qualifié pudiquement de « difficile », Arthur décide de s’en aller loin, très loin de Paris. Il échoue à Yabaranga, la capitale chaotique d’un pays africain imaginaire. A suivre ce héros maladroitement flamboyant, le lecteur est rapidement pris dans un tourbillon de situations poétiques, burlesques, ultra sensibles et hilarantes.

Au fil des pages s’entremêlent un président domicilié dans une tour en chantier, une bande d’insupportables rastas blancs joueurs de djembé, des poissons géants, un Indien d’Amazonie cartésien et des miliciens durassiens… Tout cet assemblage baroque résistera-t-il à l’arrivée de Morgane, l’ex-femme d’Arthur, venue faire de la vie de ce pauvre garçon un enfer sous les tropiques ?

Mon avis :

Je suis très contente d’avoir découvert Arnaud Le Guilcher, j’ai bien aimé son humour, et ses vannes, car même si on évolue dans un pays africain imaginaire, on y trouve un point de vue piquant sur la société moderne actuelle. J’ai toujours une appréhension avant de lire un roman au ton humoristique. J’ai peur de ne pas être la cible, de ne pas adhérer à l’humour, que ce soit trop loufoque. Mais finalement mon appréhension s’est vite dissipée.

L’auteur crée des situations décalées et des personnages rocambolesques et on est vite embarqué dans les péripéties d’Arthur notre héros looser victime d’une ex-femme complétement tarée. C’est un roman qui se lit vite et qui nous invite dans une épopée complètement dingue avec un héros pas si héroïque que ça. On a le portrait assez réaliste d’un homme moderne au bout du rouleau, complètement désillusionné après une dizaine d’années de mariage avec une femme autoritaire et méprisante.
Capitaine frites c’est l’histoire de l’échec d’un mariage et d’une escalade/dégringolade dans les sentiments d’Arthur et de Morgane. Une escalade dans les sentiments de haine, de mépris, de dégoût et de volonté de nuire à l’autre qui, vous le découvrirez à la fin, mène à une véritable situation explosive ! Mais tout ça raconté avec énormément d’humour, entre pics, vannes, jeux de mots, critique des rastas blancs (mdr) le lecteur en quête de rigolade est servi !

Même si certains passages m’ont laissé de marbre, je retiens de ma lecture des bons moments de rigolade. Je ne retiendrai pas l’histoire mais plutôt le ton piquant et le style d’Arnaud Le Guilcher qui m’a bien plu.

Je recommanderai ce livre de la Rentrée Littéraire 2016 car il est très drôle, et le style de l’auteur est intéressant.

Citations :
« C’est indescriptible à quel point ça emboucane. J’imagine que seule l’haleine de Donald Trump est capable de dégager des relents aussi putrides. » p.211


En quelques mots :
Un bon livre qui remplit sa mission principale : nous faire rire.
Un auteur que je retiendrai car j’ai bien aimé son style moderne et son point de vue ironique et piquant.


Ma note pour ce livre :
3,5/5





vendredi 7 octobre 2016

Les gens heureux lisent et boivent du café - Agnès Martin-Lugand

Bonjour amis lecteurs,
Voici un tout petit livre que je vous recommande à 100% pour accompagner une après-midi cocooning avec une bonne boisson chaude !

Titre du livre :
Les gens heureux lisent et boivent du café
Auteur :
Agnès Martin-Lugand
Editions :
Pocket
Genre :
Roman contemporain
Date de sortie :
Mai 2014
Pages :
187
Thèmes :
Deuil, amour, reconstruction, Irlande, solitude

Résumé éditeur :
"Ils étaient partis en chahutant dans l'escalier. J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux."
Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son cœur, qui continue de battre.
Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence.

Afin d’échapper à son entourage, elle décide de s’exiler en Irlande, seule. Mais, à fuir avec acharnement la vie, elle finit par vous rattraper...

Mon avis :
Tout m’a plu dans ce roman, il s’en est fallu de peu pour que cette lecture remporte ma mention coup de cœur mais voilà j’ai du mal à avoir un coup de cœur pour les histoires aussi courtes. J’aurais beaucoup aimé avoir une centaine de pages en plus notamment sur la partie où Diane est en Irlande. Je mets donc un 5/5 à ce livre que j’ai adoré, le seul bémol selon moi c’est qu’il est trop court !

J’ai beaucoup aimé le personnage de Diane, je m’y suis attachée car je pense que j’aurais fait exactement comme elle. Je touche du bois pour ne jamais vivre la tragédie qu’elle a vécu mais je pense que je serai partie m’exiler moi aussi en Irlande.

L’auteur décrit avec justesse les émotions de Diane, la douleur de vivre avec l’absence terrible de son mari et de sa fille. J’ai trouvé la description de la tristesse et de la colère très juste et avec une bonne dose de retenue, on n’est jamais dans le pathos dans ce roman. J’ai été émue durant ma lecture, tout est très bien dosé, il y a un bon équilibre des diverses émotions, et quelques légères touches d’humour qui passent très bien.

J’ai aimé suivre cette femme en pleine reconstruction qui part à l’inconnu dans un pays qu’elle ne connaît pas mais qu’elle rêvait de visiter avec Colin son défunt mari. Elle va découvrir son nouvel environnement, à Mulranny une petite ville d’Irlande de l’ouest, elle va rencontrer son voisin qui n’est pas vraiment conforme à l’image qu’on se fait des Irlandais : chaleureux et accueillant. C’est plutôt tout le contraire et Diane va subir son hostilité, ils se détestent mais vont être amené à se croiser plusieurs fois.... Ils vont lier une relation assez spéciale et je vous laisse découvrir tout ça !

J’ai bien aimé la plume d’Agnès Martin-Lugand, elle trouve les mots justes et efficaces à chaque situation, sans larmoiements inutiles. Peut-être qu’il y a parfois des dialogues qui manquent de profondeur. Le personnage Félix le meilleur ami de Diane, gay et débauché est un peu cliché mais il apporte une bonne énergie au livre. Je trouve que l’auteur est efficace, les émotions sont présentes dès le début et bien disséminées tout le long du roman.


J’ai dévoré ce livre en une après-midi, l’histoire s’enchaine sans lourdeur, c’est une histoire et une femme attachante. C’est un roman qui m’a fait passer un très bon moment, j’ai bien aimé la fin qui est quand même inattendue mais réaliste.

A venir : je vais lire très prochainement la suite de cette histoire La vie est facile ne t’inquiète pas et vous aurez mon avis bientôt ;)

En quelques mots :
J’ai tellement aimé cette histoire, j’ai tellement aimé Diane et les mots de l’auteur ! Ce livre est un petit bijou, qui comporte un beau message d’espoir. Je vous le recommande chaleureusement.



Clic ici



Ma note pour ce livre :
5/5

jeudi 6 octobre 2016

Book Haul de Septembre 2016 : Du bonheur en livres

Bonjour à tous !
Je vous présente en vidéo mes acquisitions livresques de septembre. Neuf nouveaux livres rejoignent ma bibliothèque ce mois-ci, c'est que du bonheur :D
Je vous laisse aller visionner cette vidéo et pensez à vous abonner afin de suivre l'actualité de ma chaîne <3
Merci :)


- A cout of mist and fury . Sarah J Maas
- Crimes et châtiments. Dostoiewski
- L'idiot . Dostoiewski
- La part des flammes. Gaelle Nohant
- La reine étranglée. Maurice Druon
- La vie est facile ne t'inquiète pas. Agnès Martin-Lugand
- Lady Helen. Allison Goodman

Des bisous xxx
Marie

lundi 3 octobre 2016

La mémoire des embruns - Karen Viggers


Bonjour, voici mon article sur un roman étranger d’une auteure australienne qui m’a fait passer un bon moment d’évasion.

Titre VF :
Titre VO :
La mémoire des embruns

The lightkeeper’s wife
Auteur :
Karen Viggers
Editions :
Le livre de poche
Genre :
roman
Sortie :
Juillet 2016
Pages :
570
Thèmes :
Revivre son passé, souvenirs, mémoire, nature sauvage, Tasmanie, fin de vie, secret, isolement


Résumé éditeur :

Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs.
Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d'Antarctique et le divorce qui l'a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l'a hantée durant des décennies menace d'être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.
Une femme au crépuscule de sa vie. Un homme incapable de savourer pleinement la sienne. La Mémoire des embruns est une émouvante histoire d'amour, de perte et de non-dits sur fond de nature sauvage et mystérieuse. Un roman envoûtant, promesse d'évasion et d'émotion.

Mon avis :
Dans ce roman nous allons suivre Mary, une vieille dame très malade et qui commence à perdre la mémoire. Dans son malheur et sentant sa fin arriver, elle décide d’aller s’installer sur l’ile de Bruny situé au large de la Tasmanie afin d’y finir ses jours. Ce n’est pas n’importe quelle ile car elle y vécut une bonne partie de sa vie avec son mari Jack et ses trois enfants. Son mari décédé quelques années plus tôt était le gardien du phare. C’est donc malgré l’avis de ses médecins et de ses enfants qu’elle va s’installer seule dans une petite maison sur cette île très peu peuplée.  

J’ai bien aimé ce roman, notamment la première partie de ma lecture. Dès le prologue l’auteur a réussi à me capter car on rencontre Mary qui reçoit une lettre d’un homme mystérieux. Elle sait très bien que cette lettre contient la révélation d’un secret mais décide de ne pas l’ouvrir et va garder cette lettre cachée tout au long du roman. La visite de cet homme l’a profondément chamboulée et c’est l’élément déclencheur qui la pousse à aller finir ses jours sur l’ile de Bruny, voulant à tout prix se libérer de son passé.
Dès le début nous savons donc qu’il y a un secret qui tourne autour de cette dame, elle est hantée par un lourd secret qu’elle ne veut pas dévoiler. On sent qu’elle est prisonnière d’un événement qui s’est déroulé dans sa vie quelques années plus tôt. Je vous avoue qu’en tant que lecteur, on devine assez vite quel est le secret qui tourne autour de Mary et du coup c’est vrai que la fin n’a pas été une grosse surprise.

En parallèle de l’histoire de Mary on va suivre l’histoire de Tom, son dernier fils. C’est un homme d’une quarantaine d’années qui est mécanicien, il est parti 9 ans plus tôt en expédition en Antarctique et il est revenu brisé. Depuis des événements qui se sont passés en Antarctique il n’a pas vraiment repris goût à la vie, c’est un personnage apathique, assez mou. Il m’a un peu énervé parce qu’il n’arrive pas à s’affirmer, on a envie de le secouer.

Quant à Mary, son retour à Bruny est pour elle l’occasion de se libérer de quelque chose, et de se replonger dans la nostalgie des souvenirs.
Mais elle n’a pas l’intention de rester enfermée dans sa petite maison et a bien prévu un itinéraire de visite des lieux qui lui sont chers. Elle tient vraiment à retourner voir les lieux qui ont marqué sa vie et ça en est touchant. Elle est hantée par l’image de son défunt mari Jack, elle le voit un peu partout sur l’ile avec l’évocation de la mer, des embruns, du vent. Tout ce qui fait référence à la nature sauvage de l’île va lui rappeler Jack. Il lui apparaît comme une sorte de fantôme, elle lui parle comme s’il était là tout près d’elle.

C’est une jolie histoire pleine de nostalgie. Pour moi le point fort du roman c’est tout ce qui tourne autour de la nature sauvage. On a des descriptions vraiment magnifiques. C’est un livre que l’on va lire mais que l’on va aussi ressentir à travers toutes les descriptions de la faune et de la flore de l’île. C’est un roman envoutant par ces descriptions de la nature, j’ai trouvé ça saisissant et ça m’a fait m’évader.
Le thème de la mémoire et des souvenirs se marie avec la nature et ne font qu’un, c’est comme un tourbillon dans lequel on a la nature sauvage et l’évocation du passé. La nature rend le décor magnifique mais on sent aussi sa présence comme un personnage à part entière et c’est ce que j’ai préféré à la lecture de ce livre. C’est très bizarre à expliquer.

Un roman captivant de par la place très importante de la nature, avec tout un vocabulaire se rapportant aux plantes sauvages, aux animaux, à la mer, aux embruns.

L’intrigue en elle-même ne m’a pas vraiment surprise ni passionné outre mesure, comme je vous l’ai dit, on devine vite le secret que cache Mary mais ça ne m’a pas vraiment dérangé de le deviner assez vite. J’ai l’impression que c’est voulu de la part de l’auteur car en ayant conscience de ce que c’est je pense que l’on profite plus et que l’on peut mieux comprendre certains personnages.
L’intrigue n’est pas très originale, il n’y a pas beaucoup de rebondissements. C’est un livre que l’on lit pour la beauté de la nature sauvage de l’ile et pour le thème de la mémoire et du passé qui revient nous hanter. Ce roman traite de se libérer du passé pour pouvoir avancer. Malgré le personnage de Tom qui ne m’a pas plu ainsi que tous les chapitres dans lesquels on suit son histoire, j’ai beaucoup aimé le personnage de Mary, je l’ai trouvé touchante, elle est déterminée et va tout faire pour qu’on la laisse décider de faire ce qu’elle veut de ses derniers jours malgré les avis contraires de tous ses proches.

C’est un beau roman que je vous conseille si vous avez envie d’évasion et si vous voulez rencontrer une vieille dame au fort caractère ! Une femme au crépuscule de sa vie qui veut se replonger dans son passé une dernière fois avant d’accueillir la mort. Toutefois il m’a manqué un petit quelque chose pour que ma lecture me passionne à 100%.

J’ai très hâte de découvrir Une vie entre deux océans de M.L Stedman qui je pense me comblera un peu plus.

Citations :
« Un homme pouvait être un albatros ou aigle, avait-il… Si on était un albatros, on planait en frôlant les vagues là où le vent était le moins fort, mais tout de même assez puissant pour vous porter. On évitait de se poser trop souvent de crainte de ne pouvoir redécoller et, de toute façon il fallait redoubler d’énergie après une halte. Si on était un aigle pêcheur, cependant, on voltigeait en altitude d’où on voyait tout en contrebas et d’où on pouvait plonger sur tout ce qui attirait notre convoitise. On se perchait sur les rochers ou sur les branches parce qu’on était fort et que l’on pouvait se propulser facilement dans les airs. Sauf qu’un aigle pêcheur était voyant et arrogant et que les autres oiseaux ne l’aimaient pas – ils fondaient sur lui des quatre coins du ciel pour le chasser de leur territoire. C’était le prix à payer pour sa magnificence. […]
- Je suis un albatros maman. Je plane dans le vent mais je ne suis pas en danger. » p.74

En quelques mots :
Un beau roman touchant, peu original mais captivant de par la présence d’un nature sauvage magnifique et bien mise en valeur par l’auteur.
J’ai aimé partagé les derniers jours de Mary, personnage au caractère bien trempée.


Ma note pour ce livre :
3,5/5





samedi 1 octobre 2016

Les rois maudits, le tome 1 : Le roi de fer. De Maurice Druon

Vous le savez sans doute, et d’ailleurs le bandeau inséré sur le livre nous le rappelle joyeusement (vive le marketing), Les rois maudits c’est la saga française qui a inspiré George R.R Martin pour Game of Thrones.
C’est donc par excès de curiosité que je me suis lancé dans la lecture du premier tome : Le roi de fer.

Titre du livre :
Les rois maudits, tome 1 : Le roi de fer
Auteur :
Maurice Druon
Editions :
Le livre de poche
Genre :
Roman historique
Date de sortie :
Janvier 1971, réédition en janvier 2016
Pages :
316
Thèmes :
Philippe le Bel, templiers, malédiction, complots, intrigues

Résumé éditeur :

Le roi de fer, premier volume du cycle, a pour figure centrale Philippe IV le Bel, roi d’une beauté légendaire qui régnait sur la France en maitre absolu. Tout devait plier ou rompre devant l’autorité royale. Mais l’idée nationale logeait dans la tête de ce prince calme et cruel pour qui la raison d’Etat dominait toutes les autres. Sous son règne, la France était grande et les Français malheureux.

Mon avis :

Dans la préface, Maurice Druon nous explique qu’en 1965 il a retouché son œuvre, sans changer le fond il a adapté le texte et l’a rendu plus accessible. Et ça se ressent bien à la lecture puisque l’écriture est assez fluide et ça passe tout seul. On n’a pas l’impression que ce texte a été écrit il y a 50 ans.

Dans ce roman historique, nous sommes au début du 14ème siècle. Le personnage central est le roi Philippe IV dit Philippe le Bel, roi connu pour sa beauté légendaire mais également pour avoir régné d’une main de fer, d’un pouvoir absolu sur la France. « Tout devait s’incliner, plier ou rompre devant l’autorité royale… sous son règne, la France était grande mais les Français malheureux. »
Philippe le Bel est le roi qui est à l’origine de la destruction de l‘ordre du Temple et du massacre des Templiers. L’ordre du Temple est un ordre militaire au service de la Chrétienté. Ici nous assistons au dénouement tragique du procès des 4 derniers Maitres Chevaliers du Temple, procès qui a duré 7 ans. De 1307 à 1314 ils sont emprisonnés, torturés, massacrés pour différents chefs d’accusation : hérésie, simonie, sodomie, idolâtrie. Environ 15000 Templiers sont massacrés à cette époque.

Nous assistons à la fin tragique de Jacques de Molay sur le bucher et cette scène est capitale dans ce premier tome, elle m’a captivé et fait frissonné.  
Maurice Druon donne vie à la malédiction proférée par ce dernier selon les légendes : « Pape Clément !... Chevalier Guillaume !... Roi Philippe ! … Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races ! »
Jacques de Molay profère ces paroles alors qu’il est en train de bruler vif, ces paroles prononcées d’une « voix effrayante », d’un « visage en feu » sont lourdes de sens et vont planer sur toute la suite du roman comme une malédiction sur les principaux responsables de la fin des Templiers.

Hormis cette malédiction, dans le livre on va suivre un complot entre la Reine Isabelle, (reine d’Angleterre mariée au roi d’Angleterre Edouard II, et fille du roi de France Philippe le Bel), et le comte Robert d’Artois, un géant de 27 ans, personnage à l’imposante carrure.

La reine Isabelle est dite « la reine sans amour » car le roi lui préfère la compagnie des jeunes hommes, de plus on sent chez elle de la nostalgie vis-à-vis de son pays d’origine, la France. Vous l’aurez compris malgré son titre glorieux, la reine Isabelle ne mène pas une existence très heureuse. Quant au comte d’Artois il possède en son âme une rancœur féroce vis-à-vis de sa tante la comtesse Mahaut car il a été lésé dans une affaire d’héritage. L’auteur fait référence à l’affaire de la succession d’Artois, l’un des plus grands drames d’héritage de l’histoire de France. Robert d’Artois va nourrir une obsession pour récupérer le comté d’Artois.

Ces deux personnages vont tout faire pour faire éclater au grand jour un scandale à la cour de France. En effet une rumeur à la cour insinue que les belles filles du roi Philippe le Bel, (les épouses de ses fils) seraient infidèles.
Au fil de votre lecture vous découvrirez les intérêts personnels et les enjeux de ces 2 personnages à faire révéler cette histoire d’adultère. J’ai beaucoup aimé tout ce qui tourne autour de ce complot qui prend une place importante dans ce roman, c’est très bien écrit, ça m’a beaucoup intéressé.

Un premier tome passionnant dont la force réside dans le talent de l’auteur à décrire des personnages avec leur force et leur faiblesse, leur moment de doute, notamment avec le roi Philippe le Bel que l’on découvre sous une autre facette. Il en fait des personnages vraiment humains avec tout ce que ça comprend de cruauté, de peur et de doute.

C’est un roman dans lequel on ne s’ennuie pas une seule seconde. Je trouve que l’auteur a su rendre passionnante cette période de l’histoire de France au Moyen Age et pourtant ce n’est pas une période que j’affectionne particulièrement.

Au cours de ma lecture je n’ai pas pu m’empêcher de faire des comparatifs avec Le Trône de fer de George RR Martin.
Il est vrai que dans ces deux sagas nous avons une multitude de personnages. Je suis d’ailleurs reconnaissante à Maurice Druon d’avoir inséré à la fin du roman un répertoire biographique très utile.
J’ai retrouvé dans Les rois maudits ce qui fait la force dans Le trône de fer c’est-à-dire des personnages complexes et nuancés et une trame narrative très riche, une obsession du pouvoir et une énergie démesurée de certains personnages à obtenir ce qu’ils veulent.

On trouve dans cette saga historique son compte en complot, en jeu de pouvoir, en trahison, en jalousie. Je ne peux que vous recommander de lire cette saga historique, pour moi c’est la base et je vais m’empresser de me procurer les tomes suivants.

Cette lecture a été pour moi une excellente découverte. C’est un roman historique très bien documenté qui m’a permis de mieux connaître cette période de l’Histoire à la prémisse de la Guerre de 100 ans. L’auteur m’a impressionné par la qualité de son récit et un talent narratif indéniable.

Citations :

« Honte ! Honte ! Vous voyez des innocents qui meurent. Honte sur vous tous ! Dieu vous jugera. »

« Pape Clément !... Chevalier Guillaume !... Roi Philippe !... Avant un an, je vous cite à paraitre au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment ! Maudits ! Maudits ! tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races !... » p.106

En quelques mots :

Une excellente lecture à la grande richesse narrative ! Bienvenue dans Les rois maudits, bienvenue dans l’Histoire de France, entre intrigues amoureuses et complots, entre tourmente et jeux de pouvoir…


Ma note pour ce livre :
4,5/5