samedi 17 décembre 2016

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer - Un gros coup de coeur !

Je ne m’attendais vraiment pas à cela mais ce livre est un gros coup de cœur ! 

Titre du livre :
Quand souffle le vent du nord
Auteur :
Daniel Glattauer
Editions :
Grasset / Le Livre de Poche
Genre :
Roman contemporain
Date de sortie :
mars 2010
Pages :
348
Thèmes :
Relation épistolaire, sentiments, séduction, apparence

Résumé éditeur :

En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement.
Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre.
De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre.
Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour.


Mon avis :

Une femme et un homme entrent en contact sur un malentendu ; une petite erreur de lettre dans l’adresse email du destinataire. Ils auraient pu en rester là mais peu à peu une relation épistolaire se met en place. Une découverte de l’autre, un attachement qui les dépasse et qui dépasse le lecteur.
Une complicité se crée rapidement entre Emmi et Leo, deux personnages pourtant très différents l'un de l'autre.

Emmi peut agacer parfois car elle joue avec le feu, elle est mariée et vit avec deux enfants mais elle va vite devenir accro à son correspondant virtuel et à leurs échanges alors que Leo lui semble plus raisonnable, il est pris lui aussi et tente de garder ses distances avec Emmi.

Quel roman moderne ! Je ne suis pas spécialement adepte des romans épistolaires mais là qu’est-ce que c’était génial ! C’est une lecture addictive car on a très envie de voir où va les mener cette relation platonique. Vont-ils se rencontrer ? Que vont-ils penser l’un de l’autre ? Est-ce que la rencontre détruira tout le charme de leur relation virtuelle ?

Ce roman ne se lit pas il se dévore !
On assiste à des échanges de mails tantôt ironiques, cinglants, passionnés. 

Croyez-moi si vous commencez la lecture de ce livre vous ne pourrez plus le lâcher !

Et oui nous assistons bel et bien au début de quelque chose, un dialogue amoureux passionnant qui en plus d’être très bien écrit a le mérite de nous faire réfléchir. Le lecteur se mettra aisément à la place des protagonistes. Cette histoire nous fera réfléchir sur les relations virtuelles avec des inconnus, sur l’importance du physique, sur l’adultère ; est-ce que dialoguer avec un inconnu c’est tromper ?

L’auteur propose une fin terriblement FRUSTRANTE à tel point que j’en ai parlé à mon livre je lui ai dit nooon pourquoiiiii ?? En refermant le livre vous n’aurez qu’une envie c’est de vous procurer la suite.

En bref c’est un récit charmant dans lequel on assiste à des échanges de mails pétillants et intelligents, les personnages usent de métaphores, d’ironie et un sens de la rhétorique assez poussé. 

Je recommande à 100%.

En quelques mots :

Gros coup de cœur, j’ai pris un plaisir fou à lire cette histoire.
C’est original, moderne, addictif.
Il vient se placer très haut dans mon top de romans contemporains préférés !


Ma note pour ce livre :
5/5



lundi 12 décembre 2016

Geisha - Arthur Golden - Lecture coup de coeur !


Je me suis intéressée à ce livre tout simplement car Morgane, une abonnée qui a aussi une chaine Youtube : Mangaroom, m’a dit que c’était son livre préféré.
Je me souvenais avoir vu le film Mémoires d’une geisha de Steven Spielberg il y a quelques années, je n’avais aucun souvenir de l’histoire mais je sais que j’avais bien aimé.  

Titre du livre :
Geisha
Auteur :
Arthur Golden
Editions :
JC Lattès et Le Livre de Poche
Genre :
roman
Date de sortie :
Décembre 1998
Pages :
525
Thèmes :
Destin de femme, Japon, geisha, drame

Résumé éditeur :

Yoroido: un modeste village de pêcheurs dans le Japon des années trente. La petite Chiyo-chan y coule une enfance pauvre mais heureuse entre ses parents et sa grande sœur, Satsu. Mais un cancer ronge en silence les os de sa mère, sur le point de mourir. Le père est si vieux et déjà si perdu qu'il accepte la proposition de M. Tanaka. Les deux jeunes filles partent bientôt pour Kyoto, parmi d'autres enfants vendus. Chiyo-chan est si belle avec ses yeux d'eau "comme si quelqu'un y avait percé un trou et que l'encre avait coulé" qu'on l'emmène dans une école de geishas. Elle deviendra Sayuri, l'une des geishas ou courtisanes les plus appréciées de la ville, excellant dans l'art du chant, de la danse et de l'amour, maîtrisant parfaitement la science de la toilette et du thé.

Mon avis :

Je ne connaissais absolument rien à l’univers des geishas, et je dois dire que je n’ai pas d’attraits particuliers pour la culture nippone en général mais ce roman fut une excellente découverte.

Dans ce roman l’auteur nous propose de découvrir l’histoire d’une petite Japonaise nommé Chiyo, fille de pêcheur qui deviendra par la suite Sayuri, une grande geisha de Kyoto en traversant bien des orages.
Elle ne le sait pas encore mais elle est exceptionnelle, elle a les yeux couleur eau, d’un gris translucide.
Ecrit sous forme de mémoires, le récit de la vie de Chiyo est très immersif et ne nous épargne rien. On vit le déchirement de cette petite fille et de sa sœur, vendues par leur père à un négociant, l’une destinée à intégrer une maison de geisha, l’autre une maison de prostitués.

La vie de Chiyo est loin d’être un long fleuve tranquille. Elle affronte les tempêtes et les naufrages avec une force hors du commun. Car elle sera brisée à de nombreuses reprises mais si continuera de faire son chemin dans l’espoir de retrouver Mr Le Président. Un homme d’affaire qu’elle croise un jour alors qu’elle n’a que 12 ans et qu’elle est désespérée, cet homme sera le seul à faire un geste gentil envers cette petite fille malheureuse. Cette rencontre sera le déclic pour Chiyo qui dorénavant travaillera dur pour devenir une grande geisha.

Son enfance est extrêmement difficile, arrachée à sa famille, vendue par son père à une « okiya » une maison de geisha dans laquelle elle travaillera d’abord comme servante. Traitée de façon minable par la gérante, insultée et rabaissée elle subira les foudres la grande geisha Hatsumomo, jalouse maladive.

L’enfance malheureuse de Chiyo m’a fait penser au dessin animé Les malheurs de Sophie. On est totalement dans cette ambiance triste d’une petite fille malmenée par la vie mais qui garde quand même toute sa fraicheur et son caractère. 

Ce roman est envoutant et m’a captivé du début à la fin.

J’ai adoré suivre Sayuri qui creusera peu à peu son chemin. Entre apprentissage de la danse, cérémonie du thé, art de la séduction, la vie d’une geisha est bien remplie et le parcours est long et chaotique. Car c’est un milieu terrible où la concurrence fait rage, de même que l’avidité féroce de la gérante de l’okiya, obsédée par l’argent et le profit. Et oui c’est loin d’être un monde tout rose, il y a des passages crus et terribles qui mettent légèrement mal à l’aise, comme par exemple la virginité de Sayuri vendue aux enchères.

L’auteur m’a bluffé car c’est un roman très bien écrit et très bien renseigné. L’écriture sous forme de mémoires à travers les yeux de la geisha Sayuri renforce la crédibilité du récit et le rendu est très réaliste et passionnant. On est forcément touché par cette fille/femme qui raconte sa vie de geisha de façon très sincère en n’épargnant pas le lecteur de détails sordides mais apporte aussi son témoignage sur un mode de vie très peu connu des occidentaux. En effet dans l’esprit occidental les geishas sont généralement perçues comme des prostitués de luxes ou comme les maitresses des riches hommes d’affaires. Et grâce à ce roman on se rend compte que ce n’est pas exactement cela et que ce serait réducteur de rester sur cette idée.

Devenir geisha requiert une formation très longue et très dure. Une geisha doit apprendre le service et l’hospitalité, elle est formée à la cérémonie du thé, et surtout aux arts. Car oui une geisha est une artiste initiée à la danse et la musique, elle joue du shamisen et chante. Son rôle est de divertir les hommes riches et influents. Son but est de trouver un « danna » un homme qui entretiendra financièrement sa geisha et qui par extension fera pérenniser son okiya.

J’ai adoré découvrir tout cela. C’est un milieu dans lequel il y a énormément de codes et de rituels. L’habillement de la geisha avec ses kimonos en soie, son maquillage, sa coiffure, l’auteur nous donne à voir de belles images qui contribuent à renforcer le côté mystérieux et « marginal » des geishas.

Mais si une femme devient geisha, c’est qu’elle n’a pas le choix. Une geisha n’est pas libre. Elle n’a pas le droit d’aimer. Elle doit consacrer sa vie à son métier, elle est prisonnière de son okiya. C’est en racontant tous les côtés sombres de la vie de Sayuri que l’auteur nous bouleverse et nous émeut tout en mettant en lumière l’univers fascinant des geishas. Arthur Golden nous transporte dans les mémoires et les secrets d’une geisha.

En bref c’est un roman magnifique qui mêle beaucoup de thèmes. Il parle avant tout de geishas, mais aussi d’amour, du destin, de la force de caractère, de la douleur et de la résignation. C’est un coup de cœur !

Citations :

« Je ne pus m’empêcher de penser à ma vie d’autrefois. La douleur est une chose étrange. Nous ne pouvons rien contre elle. Pour moi, elle évoque une fenêtre qui s’ouvre à son gré. La pièce se refroidit, on ne peut que frissonner. Mais la fenêtre s’ouvre un peu moins chaque fois. Et un jour, la douleur s’est envolée. » p.321

« Cependant, c’était ce combat quotidien, ces soucis, qui avait donné une telle consistance à ma vie. Lorsque nous remontons la rivière à contre-courant, chaque pas prend une intensité particulière. »

« Nos vies s'écoulent comme des rivières à flanc de colline : nous allons dans la même direction, jusqu'au moment où un obstacle nous fait exploser en mille gouttelettes et nous oblige à changer de cours. »

« On parle bien de la souffrance seulement quand on l'a dépassée. »

En quelques mots :
Un roman passionnant sur la vie d’une geisha de Kyoto.
L’auteur brise les préjugés occidentaux sur les geishas et nous fait découvrir un monde à la fois terrible et fascinant régie par des codes.
Nous suivrons une héroïne ultra attachante dans sa vie malheureuse, son initiation et sa vie de geisha.


Ma note pour ce livre :
5/5



mercredi 7 décembre 2016

Nora Webster - Colm Toibin

Comment continuer à vivre lorsque l’on perd son pilier ?

Je remercie la maison d’éditions Robert Laffont pour l’envoi de ce livre. Après avoir adoré découvrir Brooklyn j’étais très tentée par le nouveau roman de Colm Toibin paru pour cette rentrée littéraire 2016.
Titre du livre :
Nora Webster
Auteur :
Colm Toibin
Editions :
Robert Laffont
Genre :
Roman
Date de sortie :
Aout 2016
Pages :
411
Thèmes :
Deuil, émancipation, Irlande, années 60

Résumé éditeur :

Irlande, fin des années 1960. Nora, qui élève seule ses quatre enfants depuis la mort de son mari, tente de refaire sa vie sous l'œil critique des habitants de la petite ville où elle vit depuis toujours. Opiniâtre et indocile, elle s'affranchit peu à peu des cancans et s'autorise de menues libertés : prendre des cours de chant, s'acheter une chaîne stéréo... La profondeur des émotions que soulève en elle la musique s'accorde au réveil de sa sensibilité et de sa personnalité.
Le récit de la renaissance de Nora dans une société irlandaise en pleine mutation est magistralement servi par une prose musicale, délicate et nuancée : " Ce sont les phrases renfermant de l'émotion qui m'intéressent, dit Colm Tóibín. À travers le rythme, il faut contenir l'émotion, la relâcher, la contenir, la relâcher. " Et derrière le portrait de Nora, c'est la vérité de sa mère qu'il tente d'atteindre. Il lui a fallu plus d'une décennie pour terminer ce livre, trop intimidant, trop personnel.

Mon avis :

Tout comme Brooklyn j’ai beaucoup aimé ce livre. Ici on suit Nora Webster, une femme de 46 ans, elle a 4 enfants et lorsqu’on la rencontre cela fait 6 mois qu’elle a perdu son mari. Nora vit à Enniscorthy en Irlande. On est dans la même ville que dans Brooklyn et c’est d’ailleurs la ville où est né l’auteur. On sent donc un attachement tout particulier à cette petite ville d’Irlande.
J’ai adoré ce livre, on déambule entre Enniscorthy, Dublin, Rosslare. J’ai vraiment passé un bon moment. 

Cependant je ne pense pas que ce livre plaira à tout le monde. Ici on est dans le thème du deuil et de la reconstruction. Tout comme dans Brooklyn le rythme est lent, c’est un roman calme tourné vers l’exploration des sentiments et l’émancipation d’une femme. Il ne se passe pas grand-chose.

On suit Nora dans son quotidien et dans son deuil pendant tout le roman. L’histoire est très touchante, l’auteur montre à quel point le deuil peut être long et douloureux. On sent que Nora était très amoureuse de son mari, qu’il était tout pour elle.

Au début du livre Nora aimerait surtout qu’on la laisse tranquille, les habitants viennent la voir tous les soirs à tour de rôle présenter leurs condoléances mais on sent que ça l’agace et qu’elle aimerait juste une chose c’est qu’on la laisse seule dans ses pensées. Je l’ai sentie parfois déconnectée et distante même avec ses propres enfants.
Ce que j’aime dans les romans de Colm Toibin c’est qu’il parle de destin de femme sans les idéaliser, sans mettre de la guimauve partout. En effet Nora Webster n’est pas une femme parfaite. Elle n’est pas très affirmée et j’ai eu l’impression qu’elle n’osait pas toujours s’exprimer et dire ce qu’elle pensait. Ça fait qu’elle peut sembler énervante par certains côtés. Je dirais même aussi égoïste et froide par moments.
Mais ce qui ressort c’est que la mort de son mari et l’absence qu’il laisse est un véritable choc pour Nora, son monde s’est écroulé et elle doit à tout prix rebondir pour subvenir aux besoins de sa famille.

Elle devra faire des choix, vendre ou non sa maison de vacances, reprendre un emploi, tourner tout doucement la page de sa vie conjugale. Elle est désormais seule à la barre et c’est en ça que cette histoire m’a passionné ; Nora Webster représente un mélange d’émotions sincères, peine, colère, nostalgie et en même temps une notion du devoir et une volonté de faire vivre son foyer. Retourner au travail ne sera pas aisé, elle fera même les frais d’une supérieure frustrée qui passera ses nerfs sur elle et c’est une Nora Webster en plein burn out que nous suivrons à un moment donné !

Tout doucement elle s’affirmera et se reconstruira dans cette Irlande de fin des années 60, dans un contexte tendu entre catholiques et protestants, et avec les débuts de l’IRA.
J’ai aimé suivre cette femme dans son deuil et voir les étapes petit à petit qu’elle franchit pour garder la tête hors de l’eau.

Nora Webster est un roman magnifique, un beau portrait de femme qui s’affirmera au fil des pages, qui nous laisse entrevoir ses difficultés sans qu’on ne la prenne jamais en pitié. Une rencontre qui ne laisse pas indifférent et une plume tout en sensibilité. Je ne mets pas 5/5 car j’ai trouvé certains passages un peu trop long.

Citations :

« Elle avait l'impression d'être sous l'eau et d'avoir renoncé à lutter pour remonter prendre de l'air à la surface. Rejoindre les autres dans le monde qu'ils habitaient lui paraissait impossible ; ce serait trop, elle ne le désirait même pas. Comment expliquer cela à quelqu'un qui cherchait à savoir comment elle allait ou qui lui demandait si elle avait surmonté le choc de la mort de Maurice. »

« Ils n’avaient jamais vu un film tel que celui-ci. Il venait percuter quelque chose en eux qui était ouvert et à vif, comme si eux aussi vivaient dans une maison avec une femme qui malgré ses efforts pour n’en rien laisser paraître, était toujours agitée, anxieuse, et ne révélait pas ses véritables pensées. » p.114

En quelques mots :

Un roman très émouvant que j’ai adoré. L’histoire de la renaissance d’une femme suite à la perte de son mari. Avancer est difficile après un tel drame, c’est petit à petit qu’elle fera son deuil et qu’elle s’émancipera.


Ma note pour ce livre :
4,75/5





lundi 5 décembre 2016

BURN OUT - Mehdi Meklat et Badraouine Said Abdallah


Bonjour chers lecteurs, aujourd’hui je vous parle d’un roman inspiré d’un fait divers.
En effet en février 2013 un homme s’est immolé par le feu devant son Pôle Emploi à Nantes. Les auteurs ont tenté ici de reconstitué ce qui a pu se passer dans la vie de Djamal pour qu’il en arrive là, pourquoi Djamal s'est littéralement embrasé.

Titre du livre :
Burn out
Auteur :
Mehdi Meklat et Badraouine Said Abdallah
Editions :
Seuil
Genre :
roman
Date de sortie :
Septembre 2015
Pages :
182
Thèmes :
Fait divers, suicide, chômage



Résumé éditeur :

Un chômeur envoie un mail au quotidien local de sa région : " Je suis allé à Pôle emploi avec 5 litres d'essence pour me brûler, mais c'est fermé le 12 février 2013, alors ça sera demain le 13 ou le 14, car ce serait vraiment préférable au sein de Pôle emploi merci. " Le lendemain, l'homme tient parole.
Mehdi Meklat et Badroudine Saïd Abdallah ont voulu comprendre ce geste. Alors il leur a fallu tout imaginer.

En 2007, alors qu'ils sont encore lycéens, Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah écrivent leurs premiers reportages à quatre mains pour le Bondy Blog. Ensuite, ils créent des balades radiophoniques à deux voix, stylées et engagées, pour France inter. Plus tard, ils réalisent Quand il a fallu partir, un film documentaire pour Arte.
Ils ont 23 ans. Burn out est leur premier roman.

Mon avis :

Je lis très peu de roman inspiré de faits divers, mais là l’histoire de Djamal m’a touchée, le thème du burn out et du suicide est particulièrement sensible et je voulais en savoir plus sur ce qui a poussé cet homme à commettre ce geste.

Ce qu’il faut savoir sur ce roman c’est que c’est un récit à plusieurs voix. Les auteurs vont donner la parole à Djamal, à sa femme, à sa mère, son cousin, son psy, son conseiller à l’emploi, on a même un paragraphe où les auteurs font s’exprimer le ministre du Travail. Tour à tour les personnes qui ont côtoyées de près ou de loin Djamal vont nous aider à reconstituer son passé et nous aider à comprendre qui il était.
La narration polyphonique m’a un peu dérangée car à plusieurs reprises je ne savais pas qui parlait, le point de vue change à chaque chapitre et cela m’a perdue plusieurs fois.

A part ça je n’ai pas grand-chose à ajouter sur ce livre. Je pense que c’est le genre d’histoire qu’il faut lire car il est important de se rappeler qu’il y a en France des personnes vivant dans des situations très précaires et qui par désespoir sont capable de se donner la mort. Ici le geste de Djamal est symbolique, c’est une forme de rébellion contre le système.

C’est une histoire touchante et triste. Djamal était clown en Algérie. Il quitte sa famille pour aller vivre en France dans le but de retrouver la femme avec qui il correspond. Ils sont très amoureux et se marient. Djamal est travailleur, il accepte des boulots très difficiles et fait tout pour s’intégrer. Employé dans une sidérurgie, la descente aux enfers commencent lorsque celle-ci ferme ses portes, laissant de nombreuses personnes sans emploi. Ensuite Djamal tente de s’en sortir, comme de nombreuses personnes, il vit mal ce licenciement économique et le chômage. Il enchainera des petits contrats, des petites missions d’intérim. Une erreur dans sa déclaration d’heures travaillées à Pôle Emploi et il se voit contraint de rembourser des sommes, puis il se voit signifier sa radiation des listes de chômeurs. C’est le coup fatal.

Ce livre nous permet d’apprendre à connaitre Djamal à travers les yeux de sa famille qui nous raconte son passé. On découvre sa personnalité, et sa vie jusqu’au drame.

En ce qui concerne le geste en lui-même, j’avoue que je n’ai pas compris pourquoi il a décidé d’en arriver là. Je m’attendais vraiment à ce qu’on rentre dans sa tête et qu’on en apprenne plus sur ces motivations. Donc j’avoue que le développement psychologique du personnage me laisse sur ma faim. Après je suis totalement consciente que c’est un sujet extrêmement délicat vis-à-vis de la famille et des proches. Mais justement comme c’est écrit sous forme de roman et non sous forme de témoignage, je m’attendais à rentrer davantage dans la tête de Djamal, savoir où a été précisément le point de rupture et comment il en est arrivé à se dire qu’il allait s’immoler par le feu. Peut-être que je cherche trop à comprendre et que finalement ce geste est incompréhensible. Protester contre le système oui mais de là à se donner la mort devant Pôle Emploi, je n’ai pas compris...

Pour moi ce livre met en lumière le fait que tout le monde peut vivre une période de chômage dans sa vie et que c’est effectivement très dur à vivre. Cela mène outre les difficultés financières, à la perte de confiance en soi et au désespoir. D’où l’importance de l’accompagnement psychologique notamment pour les personnes victimes de licenciement économique mais également bien évidemment pour tous les demandeurs d’emploi.

Il y a aussi un aspect révoltant qui est en mis en avant dans ce livre c’est le je-m’en-foutisme des politiques et de la structure même de Pôle Emploi.
Djamal avait prévenu Pôle Emploi de son intention.
Pourquoi personne n’a réagi à son mail ??

Quoi qu’il en soit c’est le genre d’histoire importante dont il faut se rappeler, si vous avez l’occasion de le lire je vous y encourage.

En quelques mots :

Un roman poignant sur un homme qui a commis un geste qui démontre un profond désespoir et un mal-être mais aussi une volonté de révolte silencieuse. Il est important de se rappeler de ce genre d’histoire. 


Ma note pour ce livre :
3/5



dimanche 4 décembre 2016

Hello December


Bonjour chers lecteurs,

Le mois de décembre est déjà là. Je me remets tout juste d'un vilain virus qui m'a mise KO pendant une semaine. Une semaine sous antibiotique, pendant laquelle j'étais extrêmement fatiguée... j'avais l'impression d'être au fond du trou, c'est dans ces moments qu'on apprécie de vivre avec un homme aussi attentionné que le mien, il m'a beaucoup soutenu et supporté. L'avantage c'est que j'ai pu lire tranquillement au chaud. Par contre je n'avais pas l'énergie pour écrire mes avis tout de suite après.

Du coup faisons rapidement le bilan du mois de novembre.
J'ai lu 9 livres et une BD, de très bonnes lectures pour la majorité et une petite pépite littéraire dénichée auprès de Donna Tartt : Le chardonneret un gros pavé qui m'a séduit pour plusieurs raisons ; l'histoire tout d'abord qui m'a captivé, le destin tourmenté d'un jeune garçon dont la vie va être liée à un minuscule tableau de maitre, un rythme très soutenu et une plume très travaillée qui met en avant la psychologie des personnages. Brooklyn fut également une très bonne lecture qui m'a fait m'évader entre Irlande et Etats-Unis, j'ai adoré suivre Eilis dans sa nouvelle vie.
J'ai deux chroniques en retard qui arriveront prochainement : Nora Webster de Colm Toibin et Burn out de Mehdi Meklat.

Je lis actuellement Geisha d'Arthur Golden, je suis fascinée par ce livre dans lequel je découvre totalement l'univers des geishas et le destin douloureux d'une petite japonaise.

Niveau acquisition, si vous avez vu mon Book haul sur ma chaine vous savez que j'ai réussi mon défi zéro achat et j'en suis contente. Cela fait du bien au porte-monnaie de temps en temps et ça m'a permis de remettre le pied dans ma médiathèque après 3 mois d'absence. Je suis aussi très contente d'avoir reçu 3 livres de la part de maison d'éditions qui m'ont fait confiance; Nora Webster et L'appel des étoiles de la part de Robert Laffont et Une vie entre deux océans de Le livre de poche.

En ce mois de décembre, je compte lire Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattaeur  et le tome 3 de la trilogie fantasy Le cercle blanc de Nora Roberts.
Vers la mi-décembre j'aurai constitué ma sélection de livres à lire pour l'hiver. Elle n'est pas encore définie mais j'aimerais entre autre lire Les fiancés de l'hiver de Christelle Dabos, Lady Helen d'Allison Goodman et l'intégrale n°4 de Game of Thrones de G.R.R Martin. Ce qui est sur c'est que mes lectures d'hiver seront placées sous le signe du fantastique.

Les fêtes de fin d'années me donnent toujours envie de me replonger dans l'univers d'Harry Potter, alors j'envisage aussi un marathon HP, j'ai très envie de relire tous les tomes de la saga, peut-être en anglais. J'envisage aussi de faire le TAG Ultime Harry Potter sur ma chaine Booktube, je trouve ça amusant de répondre à 25 questions concernant l'univers HP, que ce soit sur les livres ou les films.
Et puis comme j'aime cette saga de tout mon cœur j'ai décidé que cette année ce sera un Noel à thème, enfin du moins une liste de Noel uniquement en rapport avec Harry Potter. Je vais donc me faire plaisir que ce soit en livres ou en goodies HP il y en a énormément qui me tentent !

Je pense que j'ai fini de blablater, ce mois de décembre va passer très vite je pense alors profitez bien de chaque journée pour faire de nouvelles découvertes, profitez aussi des weekends pour vous reposer et pour rester au chaud. Je vous souhaite un bon mois de décembre, qu'il soit rempli d'amour et de belles lectures.

Bises xxx
Marie

vendredi 2 décembre 2016

Confess - Colleen Hoover

Colleen Hoover est une auteure de romance très appréciée dont j’ai entendu parler principalement sur Booktube et sur la blogosphère. Il me tardait de découvrir un de ces romans et mon choix s’est porté sur Confess. Ce que je savais de l’histoire c’était que l’intrigue se déroule principalement dans une galerie d’art et qu’on était en présence de jeunes gens au passé compliqué qui allaient vivre une romance semée d’embuche. 

Titre du livre :
Confess
Auteur :
Colleen Hoover
Editions :
Hugo Roman collection New romance
Genre :
Romance contemporaine/new adult
Date de sortie :
Avril 2016
Pages :
344
Thèmes :
Relation amoureuse, drame, secret

Résumé éditeur :

Auburn Reed a des plans très précis pour son avenir, et elle ne laissera personne se mettre sur son chemin.
Lorsqu'elle franchit la porte d'une galerie d'art à Dallas pour un entretien, elle s'attend à tout sauf à l'irrésistible attraction qui la pousse vers Owen Gentry.
Cet artiste énigmatique semble avoir beaucoup de choses à vouloir cacher à tout prix. Pour tenter de découvrir ses secrets les plus intimes, Auburn va baisser toutes ses barrières, pour comprendre qu'elle risque bien plus gros qu'elle ne pensait.
Pour se construire, chacun devra tout confesser. Mais parfois, la vérité est plus douloureuse que le silence…

Mon avis :

Pour mon premier Colleen Hoover, je dois avouer que ça partait fort, le début de ma lecture m’a énormément enthousiasmé, en effet au bout de 30 pages je me suis dit que ça allait être un coup de cœur. Ce fut une très bonne lecture mais le coup de cœur du début ne s’est pas confirmé.

Pour commencer nous suivons Auburn, une jeune femme qui essaye de s’en sortir tant bien que mal en travaillant en tant que coiffeuse. On apprend au début qu’Auburn a vécu un drame quelques années auparavant puisque son petit ami est décédé suite à une maladie. Niveau sentimental elle en bavé, et on ressent beaucoup d’émotions à la lecture du passé douloureux de la jeune femme.

Owen, jeune homme mystérieux, tient une galerie d’art dans la ville où vit Auburn. Un jour il pose une annonce sur sa vitrine, il recherche une personne en urgence pour venir travailler avec lui sur une vente organisée le soir même dans sa galerie d’art. Auburn tombe sur l’annonce et rencontre Owen. Les deux jeunes gens vont tout de suite être attirés l’un par l’autre, une complicité nait rapidement entre eux.
Owen est un artiste peintre. C’est ce thème de l’art qui m’a attiré dans cette histoire et j’ai beaucoup aimé cet aspect-là. Le concept de sa galerie d’art est d’associer des confessions anonymes à chaque tableau qu’il peint. Et j’ai adoré l’idée, et aussi le fait qu’on ait des illustrations des tableaux dans le livre. Je trouve que le peintre avec lequel a collaboré Colleen Hoover est très intéressant et j’ai beaucoup aimé ce mélange de tableaux et de confessions d’anonymes.

On comprend vite que les deux personnages vont finir ensemble et on comprend aussi très vite que Owen cache un secret à Auburn. C’est donc cette tension qui suscite l’intérêt du lecteur, on se demande quel est ce secret qu’Owen dissimule et quand est-ce qu’il avouera tout à Auburn ? 

J’ai adoré le début de ma lecture car l’auteur crée des personnages au passé douloureux et on est ému dès les premières pages, ensuite l’auteur vient apporter des petits éléments de surprise qui viennent compliquer de plus en plus l’histoire d’amour naissante entre Auburn et Owen. Et c’est justement là où je vais exprimer des réserves, j’ai senti au fil des pages qu’on était dans la surenchère de problèmes, ce qui rend selon moi, l’histoire un peu moins crédible que ce à quoi je m’attendais. Colleen Hoover vient compliquer la vie de ces personnages, et c’est parfois un peu too much. De même le personnage d’Owen a selon moi un peu trop le sens du sacrifice pour que ça me touche sincèrement. J’ai senti que l’auteur voulait m’arracher des larmes à plusieurs moments.

Cela dit, Confess reste une très belle romance, émouvante, les personnages sont attachants et je ne peux pas m’empêcher de penser qu’Aubrun et Owen étaient fait pour se rencontrer, c’est la rencontre parfaite, ils s’entendent à merveille et ils sont juste beaux ensemble, compatibles à 100%, et déterminés à s’aimer malgré tout. J'ai aimé lire cette histoire du point de vue des deux protagonistes en alternance, c'est intéressant de suivre le déroulement de l'histoire de leur deux points de vue.

Seule ombre au tableau, Owen cache un secret à Auburn, comment réagira-t-elle lorsque la vérité lui sera révélée ?

Je vous conseille ce livre si vous cherchez une belle histoire d’amour compliqué, vos petits cœurs seront touchés c’est certain. Si les scènes érotiques de ce genre littéraire vous rebutent, vous pouvez y aller, dans ce livre il n’y a qu’une scène de sexe et elle est assez courte. La plume de Colleen Hoover est agréable et belle, elle sait aller chercher les émotions chez son lecteur. Une bonne découverte ! 

Citations :

« J’éclate de rire et capte alors toute la tendresse de son regard ; je saisis que c’est ça que je veux. Le dévouement. Ça devrait être la base de toute relation. Si quelqu’un tient vraiment à vous, il n’en aura que plus de satisfaction à vous rendre heureux, plutôt qu’à chercher son propre plaisir. » p.305

En quelques mots :

Même si j’ai exprimé quelques réserves, Confess est une très belle histoire qui plaira à beaucoup de monde, je le conseille aux amateurs de romance compliquée et émouvante. J’ai beaucoup apprécié ma lecture, égayée par les confessions et les tableaux, un concentré de belles émotions.


Ma note pour ce livre :
4/5